Bouli Lanners

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Bouli Lanners

Post by Valentin Guilmot on 11/6/2008, 13:02


    Nom : Philippe Bouli Lanners
    Nationalité :
    Naissance : en 1965 à Moresnet-Chapelle
    Statut : Réalisateur, Scénariste et Acteur
    Genre : Comédie, Drame


      1995 : Les sœurs Vanhoof

      1996 : Non Wallonie ta culture n'est pas morte

      1999 : Travellinckx (Court-métrage)

      2001 : Le festival de Kanne de Belgique
      2001 : Welcome in new Belgique
      2001 : Muno (Court-Métrage)

      2004 : Ultranova

      2008 : Eldorado


Last edited by Valentin Guilmot on 28/7/2008, 15:07; edited 2 times in total

Valentin Guilmot

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Interview sur Eldorado

Post by Valentin Guilmot on 19/6/2008, 13:26


    Il revient de Cannes comme d’autres – mais sûrement pas Astérix – reviennent des Jeux Olympiques : des médailles plein les bras. L’ami Bouli a beau s’en étonner, les trois prix décernés par le grand festival à son nouveau film, il les a bien mérités. Paradoxalement, voilà un homme, précieux, attachant, sensible, qui n’a pas de prix. Et qui a eu le bon goût de faire, avec Eldorado, un film populaire, souvent comique, ancré sur des blessures intimes.

    D’où vient ce drôle de road-movie ardennais ?

    De deux éléments. Un jour, je me suis fait cambrioler. Je tombe nez à nez sur mon cambrioleur et on se met à parler. Un embryon de relation qui naît sur quelque chose d’impossible, c’est beau. Comme je crois en l’homme très fort, j’aimais bien ça. Mes deux cambrioleurs toxicomanes, on est devenus amis. Et comme un con, j’y ai cru. On me disait : ils vont revenir te voler. Je n’y croyais pas. Et pourtant… L’autre élément, c’est le potager, dont parle le film. En bêchant pour de vrai le potager de ma mère, pour l’aider, j’ai eu une crise de mal au dos. Je n’y arrivais pas. J’avais envie de pleurer. Je portais une énorme culpabilité. Je me faisais l’effet de ne rien assumer. Même pas capable de bêcher 20 mètres carrés de jardin. Le film vient de ces deux moments de ma vie.

    Le film fonctionne comme une comédie, avec des moments souvent hilarants. Et pourtant, c’est une histoire de douleur et de solitudes.

    J’aime les personnages sur le fil, un peu borderline. C’est au moment où ça bascule que c’est toujours le plus intéressant. Les personnages sont tous très seuls, c’est vrai. Il n’y a qu’une femme, c’est la mère. Et c’est la mère de tous. La mère perdue. J’ai voulu à travers elle parler de la nostalgie des liens perdus entre les gens. Il leur manque quelqu’un, à tous. Il leur manque des pièces. Et ces pièces, on ne les récupérera jamais. Pour mon grand malheur, j’ai eu une enfance heureuse. La nostalgie vient de là. Ce n’est pas un sentiment mièvre. C’est quelque chose de très fort.

    Derrière la tendresse et la comédie, vous introduisez quelques moments glaçants, qui évoquent les solos absurdes d’un « Buffet froid » de Blier.

    Je n’y ai jamais pensé. Il fallait amener un peu de peur. Et garder le registre de l’humour, complètement occulté dans Ultranova, mon premier long, que je revendique à cent pour cent mais qui, avec son absence de narration, était casse-gueule. J’adore mélanger ce qu’il y a de plus terrible avec ce qu’il y a de plus con. C’est comme dans ma vie. Les malheurs finissent en général par faire rire.

    Avec ses Chevrolet et ses faux airs de buddy-movie ou de road-movie, votre film est, à sa façon, un hommage au cinéma américain ?

    Disons : à du cinéma qui tend à être américain. Comme Wenders qui faisait du ciné américain en Allemagne. Les films que je voyais quand j’étais petit, c’était des films
      populaires, comme Mon nom est personne ou L’épouvantail. Mais c’est le cinéma de Wenders, celui de L’angoisse du gardien de but, ou d’Alice dans les villes qui m’a donné envie de prendre la route. Cela tient plus au regard européen sur l’Amérique. En plus, je parle allemand, puisque je suis né à la frontière allemande. J’ai toujours adoré Hopper… que Wenders adore. Wenders, un jour, je l’ai abordé comme un couillon, à Berlin. Je ne fais jamais ça. Je lui ai dit : « Voilà, je m’appelle Bouli, si je fais des films, c’est parce que j’ai vu les vôtres. » Il m’a regardé et il m’a fait : « Bouli ? » J’étais super-content. Un mois avant le tournage, j’ai voulu regarder Paris Texas. Après une demi-heure, j’ai arrêté. Il ne fallait pas. C’est comme regarder des feuilletons qu’on regardait quand on était petits. Il y a une émotion qui ne sera jamais plus la même. Le souvenir de cette émotion sera toujours plus fort.
      Dans Eldorado, il y a un embryon de relation entre les deux personnages. Ça peut fonctionner sur un road-movie. Alors, je me fais plaisir. On prend une vieille Chevrolet américaine. On tourne en Scope, en super 35, et on va dans des décors qui ne font pas américain mais plutôt Montana. J’adore.

      Un second film, souvent un passage difficile ?

      Oui. Mais je me sens davantage moi dans ce film. Je crois que c’est aussi plus universel. Les gens peuvent se retrouver dans cette histoire. Alors, j’espère que le public viendra. Mon rêve, c’est de faire des films d’auteur qui touchent le grand public. Maintenant, un second long, c’est beaucoup de pressions. On perd toute l’innocence d’un premier film, Cela fait très peur. Surtout quand on remet constamment tout en question, comme moi qui suis autodidacte. Pression, aussi, dans la mesure où j’étais cette fois-ci aussi devant la caméra.

      Ce n’était pas prévu ?

      Non. Je ne voulais pas jouer dedans. C’est Jacques-Henri (NDLR : Bronckart, le producteur) qui m’a convaincu. Moi, j’avais en tête un comédien belge, Olivier Coyette. Je ne l’ai jamais contacté. Si ça se trouve, il ne le sait pas.

      Si, au sujet du tandem que vous formez avec Fabrice Adde, je vous parle de Laurel et Hardy, vous me prenez pour un loufoque ?

      Pas du tout. J’adore le cinéma burlesque, le côté patachon. Buster Keaton, le cirque… J’ai une grande affiche de Pierre Etaix et d’Anne Fratellini chez moi. Mais c’est totalement inconscient, s’il y a ça dans Eldorado.

      On chante la Brabançonne dans « Eldorado ». Vous avez digéré l’actualité belge ?

      C’est un hasard. C’était avant la gaffe de Leterme. Même si ce n’est pas du tout un film qui parle de la Belgique, on transpire l’actualité, et ce constat que la Belgique fout le camp. Vous savez que la Brabançonne est le seul hymne national au monde où les paroles ne sont pas officielles ? Il y a plusieurs versions possibles. C’est magnifique. Ça dit pas mal de choses sur ce pays.

      Nicolas CROUSSE, Le Mad du Soir - 04/06/08

Valentin Guilmot

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Re: Bouli Lanners

Post by Rhavi Lirio on 30/8/2008, 00:09


Source : Cinergie.be
Bouli Lanners, El Dorado

Tourné en quelques semaines avec ses fidèles compagnons l'été dernier dans les forêts wallones, Eldorado, le second long métrage de Bouli Lanners, était à la Quinzaine des Réalisateurs il y a quelques semaines. Salué chaleureusement sur la Croisette, il sort en ce début de mois de juin sur les écrans de Bruxelles et de Wallonnie. Un beau bouche à oreille qui lui aura servi puisque le film sera finalement visible dans 9 cinémas plutôt que 5. Alors qu'il s'apprêtait à descendre sur la Croisette - et nous le taisait, le cachottier! - , Bouli Lanners s'est prêté à l'entretien filmé, fidèle à lui-même, avec beaucoup d'honnêteté et d'humilité, nous confier ses craintes, ses désirs et ses appréhensions sur ce second long métrage, et particulièrement la difficulté d'être pour la première fois, devant et derrière la caméra.

Cinergie : Comment définirais-tu Eldorado ?
Bouli Lanners : C’est un vrai road movie, un voyage en voiture, d’un point jusqu’à un autre. C’est même un buddy movie puisque c’est le trajet de deux personnages très différents. Le film raconte leur relation, sans que des éléments extérieurs ne viennent les expliquer, nous partageons cette chronologie. Il va leur arriver des choses qui vont déclencher en eux des changements. L’histoire est très ténue, c’est une espèce d’épure. On a enlevé tout le gras pour ne garder que le minimum, juste des sentiments, beaucoup de non-dits et peu de dialogues. Et de nombreuses scènes drôles… j’espère (rires) !

Rhavi Lirio

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